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Troisième séance - Un nouveau venu

Chronique d’un groupe autour du trauma - séance 3.

Cette fois, ils ne sont plus huit.

Un nouveau participant rejoint le groupe.

Il arrive quelques minutes avant le début, un peu en retrait, comme quelqu’un qui entre dans une pièce où les autres se connaissent déjà.

Il s’assoit près de la porte et observe.

Mais ce qui frappe, c’est la manière dont les autres l’accueillent.

Thomas lui montre une chaise.

Claire lui explique :

« On commence par un mot. Tu peux dire n’importe quoi. »

Malik ajoute :

« Et si un truc te met mal à l’aise, tu peux le dire. »

Quelque chose a changé.

Au début, tous regardaient le thérapeute pour savoir quoi faire.

Aujourd’hui, ils connaissent eux-mêmes les règles implicites du lieu et commencent à les transmettre.

Comme si cet espace n’était plus seulement celui du thérapeute.

Il était devenu un peu le leur.

Le mot du nouveau est :

« prudent ».

Puis ils se lèvent.

Le groupe reprend un mouvement qu’il connaît déjà : pousser les mains devant soi.

Le nouveau imite d’abord.

Puis son mouvement devient plus ample.

Il pousse avec l’épaule.

Thomas reprend son geste.

Claire le transforme légèrement.

Le nouveau regarde autour de lui, surpris de voir que ce qu’il propose est déjà repris par les autres.

Il sourit.

Puis Claire pose ses deux mains devant elle.

Thomas fait de même.

Malik les rejoint.

Un mur se forme.

Julien reste de l’autre côté.

« Je peux passer ? »

Personne ne répond.

Il tente de contourner le mur.

Le groupe se déplace.

Le nouveau hésite, puis rejoint lui aussi la barricade.

Julien rit.

Puis son visage change.

« Bon, ça suffit. »

La scène s’arrête.

Quelques secondes plus tard, tout le monde change de registre.

Julien reçoit une armée imaginaire.

Le groupe invente des moyens absurdes de franchir la forteresse.

Une catapulte.

Un tunnel.

Un faux passeport.

Le nouveau propose :

« On peut creuser dessous. »

Thomas répond :

« Voilà, lui, il va rester. »

Tout le monde rit.

À la fin :

Thomas : « équipe ».
Claire : « confortable ».
Malik : « tranquille ».
Julien : « touché ».
Le nouveau : « accueilli ».

Cette dernière réponse reste quelques secondes dans la pièce.

Personne ne commente.

Mais tout le monde comprend.