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# Huitième séance - La honte prend un corps
- URL: https://www.art-therapie-ateliereclore.com/blog/chronique-trauma-08-la-honte-prend-un-corps/
- Published: 2026-08-11T14:04:10.000Z
- Updated: 2026-08-11T14:04:10.000Z
- Description: Chronique d’un groupe autour du trauma - séance 8.
- Author: Ivan Nowatschok
- Tags: #Import 2026-08-19 18:28

Au début, Nadia, jusque-là assez discrète, dit :

« méfiante ».

Au cours de la séance, un geste recroquevillé apparaît.

Petit à petit, le groupe lui donne une forme.

C’est un personnage.

Il regarde le sol.

Thomas dit :

« Il a des vêtements sales. »

Claire ajoute :

« Il pense que tout le monde sait ce qu’il a fait. »

Malik lui donne une voix :

« Ne me regardez pas. »

On cherche un nom.

Long silence.

Julien finit par dire :

« La honte. »

Personne ne se précipite pour expliquer.

Ils restent avec le personnage.

Claire s’en approche.

« Je crois que je connais ce mec. »

Malik répond :

« Moi aussi. »

Puis Nadia demande :

« Je peux essayer ? »

Elle entre dans la scène.

Elle reste à quelques mètres du personnage.

Elle ne dit rien pendant un long moment.

Puis :

« Moi, je crois que je fais tout pour que personne ne voie quand j’ai besoin de quelqu’un. »

Silence.

Elle regarde les autres.

« En fait… je crois que je viens de comprendre un truc. »

Le groupe reste attentif.

Elle poursuit :

« Quand quelqu’un compte pour moi, je commence à surveiller. Je regarde s’il répond moins vite, s’il parle différemment, s’il s’éloigne. Et dès que je sens quelque chose, je panique. »

Elle sourit nerveusement.

« Je pensais que j’étais juste anxieuse. Mais je crois que j’attends toujours que quelqu’un parte. »

Le thérapeute lui demande :

« Tu veux en dire plus ? »

Nadia hoche la tête.

« Oui. J’ai envie de le partager. »

Elle raconte brièvement qu’enfant, elle ne savait jamais vraiment quand sa mère rentrerait ni dans quel état elle la retrouverait.

Puis elle ajoute :

« Et maintenant, c’est bizarre… je choisis souvent des gens qui me font attendre. »

Thomas dit :

« Comme si tu connaissais déjà le scénario. »

Nadia le regarde.

« Oui. Exactement. »

Personne ne cherche à tirer une conclusion.

Le groupe reste simplement avec elle.

À la fin de la séance, chacun donne son mot.

Thomas : « compréhension ».  
Claire : « douceur ».  
Malik : « lourd ».  
Julien : « calme ».

Nadia attend un moment.

Puis dit :

« choix ».